2019-05-05

Le voyage d’un artiste au XVIIe jusqu’à Rome

Le voyage en Italie fait rêver les artistes du XVIIe.
Suivez celui de Thomas, sur la carte que j'ai retracée dans StoryMap
avec ce lien : https://uploads.knightlab.com/storymapjs/8c3b90499bbdaf0a49849644e93e4676/voyage-de-thomas-b-en-italie/index.html

Thomas Blanchet, Cleobis et Biton, Stockholm Nationalmuseum

En 1635, Thomas Blanchet a vingt ans.
À l’issue de son apprentissage, dans l’atelier de Simon Vouet, celui-ci lui conseille de se rendre en Italie.

- Thomas, puisque tu fais partie de nos meilleurs élèves, tu dois poursuivre ta formation chez les maîtres du Baroque. Va à Rome, pour te perfectionner auprès de mon ami Nicolas Poussin, tu lui apporteras une lettre de recommandation, en lui rappelant le bon souvenir de notre amitié.
- Je ne sais pas si mon père peut subventionner ce séjour en Italie. Mon frère, Louis (sosa 2850), entre en apprentissage, il veut être peintre comme moi.
- Ne t’inquiète pas Thomas, tu trouveras à employer ton talent et à gagner l’argent dont tu auras besoin.
- C'est un long chemin pour arriver en Italie. J'ai hâte d'y être !
- Sur la route des Alpes, fais une halte à Lyon, le temps nécessaire pour observer ce qui se construit dans cette cité marchande, la deuxième du royaume de France.

La suggestion de son maître apparaît excellente, mais aussi prémonitoire, car Thomas sera appelé à Lyon en 1655. Il y résidera jusqu’à sa mort. Jouissant d’une grande considération à son époque, il passe pour être l’artiste polyvalent caractéristique du baroque lyonnais : peintre, architecte, décorateur, sculpteur, graveur, il a laissé sa marque dans notre ville.


Traverser les Alpes se révèle une aventure périlleuse, d'après les voyageurs qui en font le récit. Si Thomas a eu l’occasion de les rencontrer à Lyon, ils ne l’engagent à prendre cette route. Pour le retour, c’est plus probable.


Je suppose que Thomas préfère descendre le Rhône en bateau jusqu’en Avignon, où il s'attarde bien sûr. Arrivé à Marseille, il a pu embarquer sur la mer Méditerranée.


Si les dates exactes de ce voyage ne sont pas connues, les historiens estiment que vers 1635-1645, le jeune homme va prendre le temps de visiter les grandes villes d’Italie, réputées comme autant de foyers artistiques incontournables pour les peintres qui veulent enrichir leur formation.
Gênes, Parme, Bologne, Venise peut-être… Le Parisien séjourne dans ces lieux où il rencontre des peintres, des architectes dont on retrouve l’influence dans ses œuvres ultérieures.

Thomas Blanchet arrive à Rome, peut-être vers 1646. En tout cas, sa présence est attestée dans les stati d’anime à partir de 1647.
À suivre...
Le prochain article racontera la vie de Thomas, à Rome.


Voici les billets qui mettent en scène Thomas Blanchet :

2-      Le voyage d’un artiste au XVIIe jusqu’à Rome



Sources et bibliographie
Thomas Blanchet 1614-1689, Lucie  Galactéros, Ed Arthena, 1991
Le Voyage des peintres en Italie au XVIIe siècle, Laurent Bolard, Ed Les Belles Lettres, 2012

2019-03-20

Dans l’atelier de Simon Vouet

Le père de Thomas et de Louis Blanchet vivait à Paris, au début du XVIIe siècle.
C'est notre sosa 5700, puisque Louis est notre ancêtre. Nous ne connaissons ni son nom ni celui de sa femme ; nous ne savons rien d’eux, mais nous sommes certains que ce sont des personnes de bonne famille qui ont bien élevé leurs enfants. 
Leurs deux fils sont devenus peintres officiels de la ville de Lyon. Thomas jouissait de la plus haute considération, (nous verrons ultérieurement que son œuvre a marqué son époque).

Thomas avait treize ans en 1627. Nous ignorons si sa famille exerçait dans ce milieu, cependant Thomas souhaitait être sculpteur. 
Comment son père a-t-il eu l’idée de le présenter à Jacques Sarrazin ?



Cet artiste rentrait d’Italie où il avait séjourné dix-sept ans. Il travaillait, cette année-là, sur le chantier de l’église Saint-Nicolas des Champs, avec Simon Vouet, à la confection du grand retable.
On peut imaginer le père de Thomas Blanchet accompagnant son fils pour demander si le célèbre sculpteur l’acceptait en apprentissage. Tandis que Thomas exprimait son admiration devant ses grands anges de l’Assomption que l'on modelait dans le stuc, son père expliquait comment depuis sa plus tendre enfance, le garçon s'était révélé très doué pour la sculpture.  


Thomas fut admis parmi les apprentis, mais fort déçu d’entendre que Jacques Sarrazin le jugea trop faible pour s’adonner à la sculpture. Il lui conseilla de choisir le noble art de la peintureJacques l’orienta chez son ami Simon Vouet dont il devait épouser la nièce en 1631. 
Thomas a vécu dans leur entourage, entre 1625 et 1635/40 selon les historiens *. Pourtant, il me semble que l’apprentissage de Thomas n’a pu commencer qu’en 1627, l’année où Sarrazin et Vouet, de retour d’Italie, ont travaillé ensemble à Paris.

Simon Vouet se trouvait à Rome avec Jacques Sarrazin. Appelé à Paris par le roi depuis 1626, ce peintre jouissait d’une réputation grandissante. Les commandes affluaient, car son talent était apprécié des puissants de la cour de Louis XIII. Il importa en France le style baroque italien. Thomas Blanchet lui doit sa formation.
Il est probable que le père de Thomas ait rencontré souvent Simon Vouet dont voici un autoportrait au Musée des Beaux-Arts de Lyon.

Autoportrait de Simon Vouet,  MBA, Lyon 

Ce portrait de Simon Vouet date de 1626 environ, c’est l’époque où il épousa Virginie Di Vezzo Velletrano. « Elle estoit jeune et intelligente dans la Peinture, dont elle faisoit profession par les soins que Vouët en avoit pris. »[1]

Visitant la pinacothèque Milan récemment, j’ai découvert le portrait de cette femme et nous avons pensé que le père Blanchet était heureux de la rencontrer pour lui confier son fils ainsi qu’à Simon Vouet.


Ritratto di giovane donna, Simon Vouet_ Brera Pinacoteca


Ses maîtres Vouet et Sarazin ont su transmettre à Thomas ce qu’ils avaient appris des plus grands artistes de la Renaissance, ils l’ont initié au Baroque et ils lui ont conseillé le voyage en Italie pour se perfectionner. 
Il a ensuite été appelé à Lyon pour de grands travaux.

Quant à ses parents, ils restent méconnus. Je sais qu’il ne sera pas possible d’en savoir davantage. Ils ont probablement eu d’autres enfants avec une descendance. Je pensais intituler ce billet : « des ancêtres dont je ne sais rien », mais finalement, je peux imaginer sans être trop éloignée de la réalité que mon récit est plausible. 



Voici les billets qui mettent en scène Thomas Blanchet

3-   L’escalier de Thomas
... à suivre
Sources:

[1] André Félibien, Noms des peintres les plus célèbres et les plus connus, anciens et modernes, Paris, s.n., 1679 ; Site Dictionnaire des Femmes de l'ancienne France. http://siefar.org/dictionnaire/fr/Virginia_Vezzi/Andr%C3%A9_F%C3%A9libien

2019-01-19

Le canal de Suez


Nous nous réjouissions de visiter en famille cette superbe exposition, au musée d’histoire de Marseille : «Marseille et l’épopée du canal de Suez ».


Mes ancêtres marins et leurs descendants ont parcouru les mers du globe. La mer Méditerranée était leur espace familier depuis l’Antiquité. Ils ont souvent traversé l’Atlantique jusqu'en mer des Caraïbes, ils ont abordé l’océan Pacifique. Ils ont contourné l’Afrique et sont allés dans l’océan Indien, et jusqu'en mer de Chine. Nul doute qu’ils ont apprécié d’emprunter le canal de Suez qui rendait le voyage plus court en évitant les dangers du cap de Bonne Espérance.


Je montrais ces parcours sur les cartes ; on admirait le courage des matelots...
A ce moment là, un homme s’approcha de nous.
Voyez-vous son ombre sur cette photo ?


Je suis ravie de le présenter à ma famille :
« Voici Bruno Tropez, mon arrière-grand-père, le capitaine au long cours.»

« Cher Bruno, je ne suis guère étonnée de te rencontrer ici, car c’est à toi que je pensais en arrivant à Marseille. »
« Ah ! Mes enfants, cela vous intéresse cette exposition sur le canal de Suez ?  »

Ismaïlia, vue générale, le jour de l'inauguration du canal maritime de Suez, 1870
« Comme tu as dû te réjouir de la construction du canal de Suez ! » 
« Tous les marins en rêvaient de ce canal, là où se rencontrent les trois continents : l’Europe, l’Asie et l’Afrique. La route pour la Chine est devenue moins longue et moins difficile. »

« J’aimerais tant que tu me racontes tes voyages en mer de Chine. »
« Que savez-vous de moi ? demande-t-il.  Je n’ai guère eu le temps de confier cela à mes enfants. Je souhaite qu’ils aient suivi ma route et soient devenus de bons marins. J’avais beaucoup d’espoir pour Marius. »
« Oh ! Bruno, tu t'es montré bien sévère avec lui, lorsqu’il était mousse sur ton bateau. Il a navigué jusqu’à la fin de la guerre. Il a conservé le service en porcelaine que tu as rapporté de Chine et nous l’avons encore. » 
« Je regrette cette réputation d’homme sévère, mais lorsque l’on est le capitaine d’un navire, il faut imposer l’autorité pour que l’équipage vous respecte. »


Bruno, lisant la date de l’événement, se remémore :
« Le canal fut inauguré en 1869, c’était l’année de la naissance de Marie Émilie. Ma fille est née après la naissance des jumeaux qui n’ont pas vécu. »


Nous nous arrêtons longuement devant cet ex-voto, que sa famille pu voir dans la chapelle Sainte-Anne, chez eux à Saint-Tropez. Bruno est admiratif :
 « Le Tigre, un puissant vapeur assure la ligne Suez-Hong Kong jusqu’en 1870. Lorsque le canal fut ouvert, il fait la liaison Marseille et l’Extrême-Orient. »
J’ai parlé de nos marins tropéziens, au conservateur du musée d’histoire maritime de la citadelle et que j’ai ainsi pu connaître leur vie. Et j'en apprends encore grâce à notre rendez-vous ancestral aujourd'hui (#RDVAncestral). 

Je suis tellement heureuse de cette rencontre avec Bruno qui s’est montré beaucoup plus bavard que lors du rendez-vous en mer des Caraïbes.

Les articles qui racontent mes ancêtres marins se retrouvent avec le tag

Sources
Les photos sont celles de l’exposition :
L’épopée du canal de Suez, Collectif, dir. Gilles Gauthier, Ed. Gallimard, Institut du monde arabe /Musée d’Histoire de Marseille, 2018.

Le vapeur Le Tigre : http://www.messageries-maritimes.org/tigre.html
Musée de la Marine : 
http://mnm.webmuseo.com/ws/musee-national-marine/app/collection (mot clé : Suez)

2019-01-14

Blog anniversaire




Mon blog, créé en janvier 2015, fête ses 4 ans.

En 2018, j’ai publié 56 billets. 

Depuis le faire-part de naissance du blog,
ce sont 257 billets rédigés au total. 
Le rythme baisse quelque peu,
mais j’essaye d’améliorer la qualité.


Cette année a été celle de l’approfondissement qui me permet d'entrer dans les histoires de mes ancêtres.
Au fil du chemin, j’ai ajouté beaucoup d’individus dans ma forêt.
D'autre part je m’attache à soigner les personnages que j’ai appris à connaître.


Mes séries

La plus belle découverte de ces derniers mois, concernant mon village et mes ancêtres, est relatée dans « Les mulets du sel ».

Cette série a été suivie, selon les épisodes, entre 1038 et 544 lecteurs (d'après le statistiques de Blogger), ce qui ferait 700 lecteurs en moyenne, ou plus vraisemblablement 400, selon Google Analytics. C’est manifestement encourageant, de plus j’apprécie vos commentaires sur le blog et aussi sur les réseaux sociaux Twitter et Fb, même si ceux-ci sont éphémères.

Mes articles sont boostés lorsqu’ils sont sélectionnés par Thierry dans la Gazette-Web du vendredi, pour paraître dans : https://www.histoire-genealogie.com/ . Je me réjouis de cette ouverture vers de nouveaux lecteurs. 

#1GM

Le premier semestre a été occupé par l’écriture d’une dizaine de billets sur la Première Guerre Mondiale ; publiés au printemps, ils font suite aux quatre récits de l’hiver 2017. Le thème s'imposait, dans l'actualité #14-18, d’autant que j’ai eu l’occasion d’étudier la correspondance de Marie et d’ouvrir d’autres boîtes d’archives de sa famille.

La chronologie « Marius, pendant la Grande Guerre » est le billet qui a attiré le plus grand nombre de lecteurs : 1895 selon les statistiques de Blogger (donc beaucoup moins en réalité).

Je dois cet afflux de visiteurs à l’article de Sophie qui me cite dans le numéro 238 de la Revue Française de Généalogie. Ce petit tutoriel sur les cartes heuristiques, je l’ai voulu rapide, il est donc imparfait,  alors le succès apparaît d’autant plus inattendu.

Mes challenges

#RMNA

Avec le thème Raconte-moi nos ancêtres en 1918, j’ai participé au challenge #RMNA. Ces récits s’inscrivent dans la série de la correspondance de Marie.

#RDVAncestral

Depuis 28 mois, j’ai publié fidèlement pour le #RDVAncestral. J’aime ces rencontres qui me rapprochent de nos aïeux. Par la magie de l’écriture, il me semble souvent qu’elles ont été réelles, comme si j’ai vraiment passé un moment en compagnie de mes ancêtres. Ces articles résonnent en moi de manière spéciale, car l'aventure qui consiste à pénétrer dans un mode parallèle pour rencontrer des fantômes, s'avère particulièrement troublante.

#ChallengeAZ

Le #ChallengeAZ  a été l’occasion de 26 promenades à Lyon. Lorsque mon blog était plus jeune, je n’aurais pas été capable de rédiger ces articles, je connaissais ces lieux, pourtant je ne m’autorisais pas à écrire sur la famille de mon mari. Le précédent #ChallengeAZ de 2017 : « Nos ancêtres pendant la Révolution », a ouvert les portes. Portée par la confiance que m’accordent mes lecteurs, j’ai voulu leur servir de guide dans ma ville d’adoption.

Mes projets

Je prépare une présentation, pour mon groupe PFL (Patrimoine et Familles du Lyonnais), sur le frère d’un très ancien aïeul. Cet oncle, qui jouit une belle renommée au XVIIe siècle, demeure néanmoins totalement oublié de la famille, il mérite que nous lui rendions un hommage.

Je contribue au projet Wikipédia depuis un an, j’ai écrit et alimenté plusieurs articles, avec des biographies de personnes inspirées de mes billets de blog ou d'autres qu'ils ont pu croiser. J’ai participé à deux éditathons :
  • Les gouverneurs du Lyonnais, aux AD 69.
  • Claude, un empereur singulier, en lien avec l'exposition du Musée des Beaux-Arts de Lyon (qui me donne la certitude que nous descendons de plusieurs ancêtres Romains). 
Cette expérience avec les wikipédiens est liée à mes centres d’intérêt, elle les augmente et inspire un autre angle d’approche que j’ai envie d’aborder. Cela va allonger ma liste de projets de recherche...


Voilà les chemins balisés dans la forêt de Briqueloup. Si vous voulez bien me suivre, je vous propose encore une multitude de sentiers où nous irons marcher ensemble, pour écouter les feuilles de mes arbres qui frissonnent d’histoires.    


2018-12-15

Petite-rue des Gloriettes


Vite avant que tout disparaisse, allons sur le plateau de la Croix-Rousse pour ce #RDVAncestral.
À la rupture de pente côté est, un immeuble, nommé le Belvédère, domine le Rhône.


Mais peu à peu, ce mastodonte s’efface, comme s'il n'avait pas encore été construit... 


Et nous voilà en 1854, exactement sur son terrain. 
Le long de la voie, les Gloriettes sont des tonnelles recouvertes par des treilles, où grimpent des guirlandes légères de fleurs. Par extension, ce nom fut donné aux pavillons de jardin marquant l’angle d’un mur, puis aux demeures de ce quartier.

Déjà en 1696,sur le plan scénographique (AML), on voit la Gloriette

J’arrive devant la maison au numéro 4, Petite-rue des Gloriettes.
Une silhouette passe derrière l’une des petites fenêtres donnant sur la rue.
Thérèse Mital (sosa 45) me fait entrer dans une pièce servant de salle à manger, éclairée par deux croisées avec de grands rideaux en coton blanc, une porte vitrée ouvre sur un jardin à l’orient.
Je remarque son ventre arrondi. La future maman aura vingt et un ans et un mois, en décembre, lorsqu’arrivera son premier né. Elle annonce : si c’est un garçon, il s’appellera Joseph. C’est le trisaïeul de mes enfants, lui dis-je.

Tiens ! On entend des musiciens dans cette maison : dans le salon voisin, la petite Julie Victoire, âgée de huit ans, travaille une sonatine sur le piano droit en acajou. Assise à côté d’elle, sa sœur Élisa qui a le double de son âge classe des partitions dans le casier à musique. Elle pose un cahier sur le pupitre.

Les sœurs ressemblent-elles à celles-ci 
 Renoir (Musée d'Orsay)

Thérèse ouvre la porte vitrée aux rideaux en mousseline brodée, donnant au matin sur le jardin complanté d’arbres. L’automne les pare de feuillage doré. Depuis le balcon de la Croix-Rousse, on peut voir le Mont-Blanc lorsque souffle le vent du midi qui annonce la pluie. Le jardin est vaste, beaucoup plus que ce que je l'imaginais. Nous faisons le tour du potager, il donne des fruits et des légumes appréciés. Les chrysanthèmes sont en fleurs. Thérèse m’explique que dans ce quartier, l’air passe pour bien meilleur que celui de Lyon.


Je ne sais pas si en 1920, le jardin était encore à eux.
Trois bancs en bois avec pieds et garniture en fonte nous invitent à nous asseoir autour d’une table.
Thérèse Victoire s’est mariée avec Casimir l’an dernier, mais elle aime revenir dans sa maison où elle retrouve ses sœurs et son frère Jérôme, de deux ans son cadet.
Le voilà qui nous rejoint, portant une cafetière entourée de tasses en porcelaine, de cuillères à café en vermeil, sur un plateau en tôle vernie.

Lorsqu’ils étaient enfants, ils venaient ici l’été seulement, c’était leur maison de campagne, ou plutôt celle du grand-oncle Joseph Sandier. 
Généreux, il a donné cette maison à sa nièce, Julie Catherine Sandier, leur mère, le jour où son contrat de mariage a été signé. Bien sûr, il s’en réservait la jouissance, jusqu’à sa mort, survenue il y a dix ans.

Leur famille qui habitait place de la Baleine, dans le vieux quartier de Lyon, préféra alors s’installer dans cette propriété à la Croix-Rousse. La grand-tante, Jeanne Marie Steinman, restée dans sa demeure depuis la mort de Joseph, a maintenant 83 ans, elle vit avec eux.


Jérôme dit que nous pouvons aller voir leur mère qui se repose dans sa chambre au premier étage. Thérèse ne cache pas son inquiétude, car Julie Catherine est bien faible. Elle n’a que 53 ans, pourtant elle semble épuisée.

Elle s’excuse de laisser à sa fille le soin me recevoir. Je lui confie que Thérèse est une ancêtre pour laquelle j’ai beaucoup d’affection (peut-être parce qu’elle est décédée si précocement). Mais cela, je préfère ne pas le révéler à sa mère qui, heureusement, ne verra pas mourir trois des quatre jeunes qu’il lui reste. Un sourire illumine furtivement son visage lorsqu’elle me dit qu’elle a donné naissance à neuf enfants, hélas cinq sont décédés en bas âge.
Devine-t-elle mes pensées ? Julie Catherine me demande si je suis allée au cimetière de la Croix-Rousse. En effet, j’ai admiré la tombe qu’elle a fait construire pour Jean, son mari. 
Sait-elle qu’elle va le rejoindre le 30 octobre prochain ?

Thérèse se rend compte que sa mère commence à s’assoupir, nous la laissons dormir.
Nous traversons un corridor de distribution, dans lequel se trouve : un corps de bibliothèque en bois noyer. J’aimerais m’attarder pour examiner les livres. Mais je n’ose le faire aujourd’hui, car je me rends compte que tout le monde est fatigué : Thérèse dont le pas ralentit, Jérôme qui a envie de courir ailleurs, les jeunes sœurs qui ont arrêté la musique et mes lecteurs aussi, je suppose, qui aiment les textes courts.

Peut-être reviendrai-je dans cette maison ?


Je les ai croisés aujourd'hui et ils m'ont conduit chez eux lors du récent #ChallengeAZ

2018-11-30

Z_de A à Z_ la cartographie des lieux

Pour ce dernier billet du #ChallengeAZ 2018,
je vous propose de situer toutes les lieux de nos promenades à Lyon de A à Z.



J’ai utilisé Google My Maps pour créer cette carte.
Cette carte est stockée sur Google Drive. 
J'obtiens un lien que je peux intégrer dans le code HTML de mon blog. 



J’ai d'abord créé un tableau Excel, pour définir le nom des rues, le code postal et la ville (Lyon).
Il suffit ensuite de l’importer et les éléments géographiques sont automatiquement ajoutés. Le résultat est instantané, cependant il est utile de vérifier que les lieux sont bien référencés (il peut y avoir des erreurs…). Il est possible de déplacer les points, si on souhaite que la localisation soit meilleure lorsque le numéro de la rue n’a pas été indiqué.
La carte doit être partagée en mode public pour pouvoir être intégrée au site internet.
Autre possibilité : on peut la partager avec quelques amis sur Google Drive ou la garder en mode privé. On a aussi le choix de donner l’accès en mode lecture seule ou avec possibilité de modification.

Pour l'heure, cette carte apparaît dans un taille trop grande que je ne sais comment réduire, elle n'est pas considérée comme une image par Blogger qui ne donne pas de moyen de toucher le format. Mes connaissances de code HTML sont trop débutantes, je vais faire appel à mon fils pour s'en occuper.

Voilà cette page s'améliore peu à peu et j'essaye de toucher au code.

Je continue à explorer et je vous montrerai d'autres possibilités de cartographie. Pour ce dernier billet du #ChallengeAZ, cette solution m'a paru la plus simple.

Pour voir la liste avec les liens des 26 billets de A à Z c'est sur cette page :
https://briqueloup.blogspot.com/p/blog-challenge.html



2018-11-29

Y_timeline du #ChallengeAZ


Voici une timeline des événements retracés dans ce #ChallengeAZ









Je l'ai créée avec TimeGraphics.

Je viens de corriger le lien précédent pour aller sur le site, certains d'entre vous m'ont dit qu'il ne fonctionnait pas. Il envoyait sur mon compte et vous ne pouviez le voir. Merci aux lecteurs attentifs qui me l'on signalé !
J'ai donc copié le lien fourni par TimeGraphics dans le code HTML de mon blog et voilà le résultat.




Il faut jouer des flèches du clavier et de la souris pour voir le graphique en détail, dézoomer et le déplacer sur l'axe du temps. Si on clique sur les lettres, le titre du billet apparaît. J'ai fait cela rapidement (pour publier à temps cet avant-dernier billet). Le résultat et hautement perfectible, j'en suis consciente.

Les billets sont pour la plupart datés avec précision lorsqu'un événement ponctuel m'attire sur le lieu visité. Si la période est plus longue, l'année est marquée d'un repère, j'aurais souhaité pouvoir donner un intervalle, mais le logiciel  pointe une seule date précise.

J'ai utilisé la version free qui est limitée. Avec la version premium, j'aurais pu illustrer en intégrant des photos, des cartes ...
Cela reste un résumé rapide pour présenter mon ChallengeAZ sur une ligne de temps.

Et vous, utilisez-vous les lignes de temps pour présenter vos recherches ? 

2018-11-28

X_ cimetière de la XRousse

Je sais que comme moi vous aimez vous promener dans les cimetières, je vais vous raconter les découvertes que j’ai faites, il y a quatre ans, dans celui de la Croix-Rousse.
Le 11/11/2014, nous avons décidé de visiter cette nécropole dont je n’avais jamais franchi le portail, malgré mon envie de retrouver nos ancêtres.
La tombe se trouve dans le cimetière ancien. La concession perpétuelle du caveau a été délivrée le 13 avril 1850. Jean Mital (sosa 90) était décédé le 5 décembre 1849.
Julie Catherine, son épouse (sosa 91) a fait l’acquisition d’un espace de terrain sur lequel elle fit effectuer des travaux.

Sur cet emplacement, l’ornementation funéraire est typique du XIXe siècle.

Une belle croix en granit se dresse sur la stèle rectangulaire. Elle surmonte une couronne mortuaire posée sur un ruban élégant, des feuilles d’acanthe recouvrent les angles de la pierre.

Au sol, une étonnante jardinière est posée sur la dalle funéraire.


Les noms de la famille Mital sont gravés sur une plaque de marbre fixée par des clous sur la stèle.
Les premiers inscrits sont Jean en 1849 et Catherine Julie en 1854.
Il n’y a aucune trace de leurs cinq enfants morts en bas âge.
Jérôme et sa famille reposent ici.  
Les deux sœurs religieuses : Élisa, sœur de la Charité et Victoire Julie, visitandine, doivent être enterrées avec leur congrégation.
Thérèse (sosa 45) fut inhumée au cimetière de Loyasse, avec ses fils et leur belle-famille, mais Casimir (sosa 44) se trouve ailleurs avec sa seconde épouse.


Cette petite plaque en marbre a été scellée au bas de la stèle. Elle apparaît illisible au premier abord.
A qui rend-elle hommage ?
On devine qu’il est Mort pour la France en 1914.
Paul est le fils de Jérôme.
Je me suis empressée de le chercher sur le site Mémoire des hommes, pour l’indexer #1J1P .


J’ai ensuite surfé sur internet avec les patronymes et j’ai trouvé un site génial réalisé par un parent de cette famille.
Quelle surprise de découvrir des photos de Casimir avec tous ses enfants !
Cela m’a permis de mettre des noms sur plusieurs albums de photos anonymes conservés dans les archives familiales. 


D’autre billets du #ChallengeAZ en lien avec ces personnes :

2018-11-27

W_Where d’où viennent-ils ?


Ils ont quitté leur province. Ils se sont installés pour travailler en ville. 
Ils/ elles ont épousé un.e habitant.e de Lyon.  
Ils sont devenus Lyonnais.  
Et leurs descendants ont oublié d’où ils venaient...


Tout au long du XIXe, d’où viennent-ils les conjoints des descendants de Joseph Pérouse ?
Nous sommes allés rue Saint-Joseph, lorsque Joseph préparait la noce de sa fille Joséphine.
J’avais fait une présentation qui m’a conduit à étudier les mariages à Lyon au XIXème siècle, c’était lors de la semaine de la généalogie, en lien avec le thème de l’exposition des Archives de Lyon.



En analysant nos arbres, nous avons pu confirmer ce qu’écrit Maurice Garden à propos de la démographie lyonnaise au XVIIIe, « plus de la moitié des nouveaux ménages lyonnais ont un de leurs membre au moins, souvent les deux, nés hors de Lyon. C’est par le mariage que le renouvellement de la population lyonnaise s’affirme le plus complet et le plus irréversible »[1]

Au XIXe, ce mouvement persiste comme on peut l’observer parmi les alliances des descendants de Joseph. La plupart des individus épouse un conjoint né hors Lyon, précisément dans la Région Rhône -Alpes-Auvergne.



Ce qui m’intéresse ici ce sont les possibilités des logiciels de cartographie.
Voici les trajets des migrations représentés avec un fond de carte Umap.


Sur le site Géoportail avec un fond de carte iGN :

Il serait intéressant d'étudier un échantillon plus important et de préciser leur migration vers Lyon au fil des époques. Ce pourrait être le sujet d'autres articles. 


Sources :
[1] Maurice Garden, Lyon et les Lyonnais au XVIIIe siècle, Éditions Champ Flammarion, 1975
Gravures :
BML fonds Coste-295 _296

2018-11-26

V_Voyer de la Ville


Vous vous souvenez de la petite Marie se réjouissant, avec son oncle Thomas Blanchet, de la naissance de Claude Bertaud, à l’Hôtel de Ville de Lyon, en 1681.
Sa mère, Louise Balley, est notre ancêtre (sosa 2851). Pourtant, depuis plusieurs siècles, les descendants de Marie Blanchet (sosa 1425) l'ont oubliée ainsi que la famille son demi-frère.


Quelle a été ma surprise de découvrir que plusieurs bâtiments demeuraient tout près de chez nous, et attendaient d’être mis en lumière, à la lueur de la généalogie. Nous sommes longtemps passés devant les façades des maisons qui témoignent du travail de Claude Bertaud, sans connaître ce personnage.

Le fils de Paul Bertaud a suivi la voie de son père, en lui succédant comme voyer de la Ville de Lyon, en 1708.
Un voyer gère les voies de la ville, c’est un architecte chargé de l’urbanisme.

Occupant cette fonction entre 1708 et 1748, le fils de Louise a contribué à embellir notre cité. Il nous a laissé de superbes exemples de l’architecture du Grand Siècle à Lyon.

Le Grenier d'Abondance


En 1722, le Grenier d’Abondance est construit sur les plans de Claude Bertaud.
Ce bâtiment servait de réserve de blé. La ville de Lyon a connu des famines causant une mortalité importante entre 1693-1710. Il était nécessaire d’organiser l’approvisionnement de la cité. Les dimensions de cet édifice sont exceptionnelles, on avait prévu de stocker 3700 tonnes de grains, mais il ne sera jamais utilisé au maximum.1


S'élevant sur quatre niveaux, un bâtiment central en pierre de taille comporte cinq ouvertures en plein cintre. Il est flanqué de deux ailes symétriques où s’alignent dix fenêtres.
Les grains arrivaient de Bourgogne par la Saône. Ils étaient déchargés et transportés sur leur dos par les hommes qui grimpaient l’escalier monumental. Les marches ont été calculées pour faciliter la montée, des bancs de pierre permettaient le repos.


Sur le fronton triangulaire du pavillon central, le tympan sculpté est remarquable. Au dessous de la couronne royale, deux cornes d’abondances versent des épis de blé, des grappes de raisin, des melons.

L'Hôtel de Villeroy

Hôtel de Villeroy

En 1729, Claude Bertaud achète un terrain sur lequel il fait construire son hôtel particulier.
escalier de l'Hôtel Villeroy

Sa famille va ensuite louer à l’intendant de Lyon, Neuville de Villeroy, pour en faire l’Hôtel du Gouvernement. Cette maison prestigieuse abrite actuellement le Musée des tissus, au n°34 rue de la Charité.

« On trouve à l’extrémité de la rue {de la Charité], au coin du Rempart, la maison que Mr Bertaud, voyer de la Ville a fait élever dans une heureuse situation ; les dedans en sont mieux décorés que le dehors et le vestibule et le salon sont deux pièces qui méritent d’être vues »2.

Les quais du Rhône

En 1737, Claude Bertaud dessine les plans du quai de Retz, sur la rive droite du Rhône. La cité devait paraître superbe pour les voyageurs arrivant du côté de la Guillotière.



Les armes de Claude Bertaud de Vaure portent d’azur au lion d’or à la fasce brochante de gueule chargée de trois étoiles d’or. Il reçoit ces jetons, offerts par le consulat, en honneur à sa fonction de voyer, ingénieur et intendant des fortifications de Lyonnais et Bresse.


Sources:

Dictionnaire historique de Lyon, article : Bertaud de la Vaure par G. Corneloup, Éd. Bachès, 2010
Les Gouverneurs de Lyon, Éditions Lyonnaises d’Art et d’Histoire, 2011
1- Adrien Rambaud, La Chambre d'abondance de la ville de Lyon, Gallica : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k1348074
2-André Clapasson, Description de la ville de Lyon,1741

2018-11-24

U_ Une alliance inattendue, en passant le Pont Morand

En passant sur le Pont Morand,
allons tirer des liens pour tisser plusieurs histoires et une alliance inattendue.

Gallica http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb403112616

« Regardez en passant
Le joli pont Morand
Construit adroitement
Ce merveilleux ouvrage
Est fait sans assemblage
Pour durer deux cents ans »[1]


En passant sur le Pont Morand …
Il n’existe plus ce pont de bois qui permettait de traverser le Rhône, lorsque Lyon s’est étendue sur la rive gauche du fleuve.

Construction du pont de bois sur le Rhône, BML, fds Coste  482
Forcément, le pont actuel est d’un autre style. J’aime marcher sur ce quai, en appréciant la vue sur le fleuve qui entre dans la ville.


Depuis que j’ai lu l’histoire tragique d’Antoine Morand dans le livre d’Anne Verjus [2], cela m'a intéressée que l’historienne révise les idées fausses sur les rôles masculin et féminin dans le couple du XVIIIe.

Antoine Morand
Antoine a donc construit un pont, sa femme Antoinette l’aidait à gérer ses affaires. C’était un architecte apprécié pour ses projets d’urbanisme, même si ceux-ci ont suscité des hostilités de la part de personnes qui enviaient sa réussite.
Antoine a été guillotiné le 24 01/1794, quelques jours après Gaspard Margaron (sosa 356). Je me demande si les deux hommes se connaissaient. (Et vous allez comprendre pourquoi en lisant la suite.)

Albine Morand
La mort de sa petite-fille m’a émue.Voici l'histoire d'Albine : soucieux de son bonheur, ses parents lui ont présenté des hommes, lesquels n’ont pas convenu à la demoiselle, jusqu’à ce qu’ils se rendent compte que le meilleur des maris pourrait être Honoré Beuf de Curis, leur voisin à la campagne. Albine est morte après deux ans de mariage, elle avait vingt ans.
Une autre histoire qui va se relier à la première …

En passant au cimetière de Loyasse


J’ai souvent fait un détour, lors de visites au cimetière de Loyasse, pour voir la tombe de la famille Margaron. Cette branche aînée ne m’étant pas proche, je n’ai pas voulu me perdre dans les recherches de toutes les personnes mentionnées sur la plaque. Et pourtant, Henriette est au centre de cette famille puisque ses parents, ceux de son mari et leurs descendants, reposent ici.

En 1848, nous voici donc au mariage d’Henriette Margaron, arrière-petite fille de Gaspard. Elle épouse Antoine « Mammes » Ponchon de Saint-André. Le second prénom apparaît original, le premier est celui de son arrière-grand-père, Antoine Morand.

Parmi les témoins qui signent sur l’acte, quelle surprise de reconnaître Honoré Beuf de Curis qui est l’oncle du jeune époux.
Ainsi sont alliées les familles Margaron et Morand qui étaient à la noce le 23 août 1848. Les deux bisaïeuls, Gaspard et Antoine qui partagent l'affreux destin de guillotiné, auraient été heureux de marier leurs arrière-petits-enfants.





[1] Dictionnaire historique de Lyon, page 865 article Morand Jean Antoine

[2] Verjus (Anne) et Zara Davidson (Denise) Le Roman conjugal. Chroniques de la vie familiale à l’époque de la Révolution et de l’Empire, (Champ Vallon, 2011) (342 p.)