2018-09-08

Les mulets du sel_ 3

Les mulets.
Au rez-de-chaussée de l’auberge se trouve l’écurie ; là  sous la poussière des siècles, demeurent des anneaux pour attacher les mulets, des fers, des clous qui prennent tout leur sens à mesure que je découvre cette histoire des mulets et des muletiers. 



L’usage est d’avoir cinq anneaux car les mulets vont par cinq en caravane sur les chemins.

Ce jour là (le 8/9/1710, il y a 308 ans), ils sont treize mulets dont il faut s’occuper. En effet un curieux équipage est arrivé chez nous, comme il est raconté dans les premiers épisodes Les mulets du sel-1 et 2 .

Le jeune Joseph accompagne son père, Joseph Audibert, l'aubergiste. Ils descendent l’escalier menant à l’écurie de notre maison. 

L'hôte et son fils doivent nourrir les mulets pendant que les hommes se restaurent à l’auberge. Ils ont parcouru plus de 30 km, une longue route en suivant le Verdon depuis Bauduen. Il faut vérifier l’état de leurs fers et appeler le maréchal ferrant.


Au calme dans l'écurie, Joseph peut enfin poser les questions à son père, pour mieux comprendre l’émoi suscité dans notre village par la présence des gabelous et des deux hommes prisonniers.
Joseph a vu l’un d’eux donner la bourse à sa mère, Françoise Gaillardon.
Son père lui explique que cette bourse de 28 écus doit servir pour organiser la délivrance des contrebandiers. Lui-même va rencontrer leurs compagnons de Gréoux et voir comment ils vont donner l’assaut aux gabelous lorsqu’ils traverseront la forêt de Cadarache. Il demande à son fils de n’en rien dire et lui confie la maison, avec la promesse d’obéir à sa mère quoi qu’il arrive.  


Le jeune garçon comprend qu’il faut aussi protéger les mulets. Il sait que parmi les travailleurs qui arrivent à économiser quelque argent, certains achètent un mulet pour les aider dans les travaux des champs. Les pauvres les louent pour porter les charges dans le village, ou transporter les productions locales depuis la haute-Provence jusqu’à Aix et Marseille. Joseph, le père explique que, l'année ayant été catastrophique, pour gagner de quoi survivre certains se laissent encore tenter pour prêter l’animal à des contrebandiers ou des faux sauniers. Mais gare à ceux qui se font prendre, les mulets seront confisqués.
Alors le mulet est perdu ? s’inquiète le jeune garçon.
Les pauvres sont toujours perdants, affirme son père, mais lorsque les mulets sont revendus, il y en a qui gagnent gros.


Les faux sauniers, surveillés par les gardes dans la salle de notre auberge, se trouvent dans une très mauvaise situation. Ils vont être conduits aux prisons d’Aix et l’on ne donne pas cher de leur avenir.
Alors il faut vraiment les aider, dit l’enfant à son père.
Joseph, l’aubergiste promet de s’y employer avec l’aide de leurs compagnons de Gréoux et de ses voisins de Saint-Julien.

L'épisode 4 est à suivre dans le prochain #RDVAncestral

merci : Joseph Piégay
Pour lire les épisodes précédents :

1 commentaire:

  1. Progression dans l'intrigue, et intéressante mise en exergue de l'importance des mulets dans la communauté villageoise. Que de belles photos.

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