2017-06-05

D_Divorcer deux fois

Deux de nos ancêtres ont divorcé pendant la Révolution Française.
On peut supposer une mésentente pour Anne et Jean (sosa 189 et 190 ) et certainement une complicité pour Sophie (sosa 171) et Pierre.

En 1791, le mariage ne dépend plus de la juridiction de l’Église. Il devient un contrat laïc signé devant un officier civil qui l’inscrit dans les actes d’état-civil.
Le droit de divorce est voté l’année suivante par l’Assemblée législative.


Beaucoup de couples sont d’accord pour se séparer.
Casser ce contrat permettait aux épouses de gagner leur liberté ; pas forcément du fait d’un mariage contraignant, mais cela pouvait leur éviter d'être arrêtée et emprisonnée à cause de l’émigration de leur époux. Le principal souci était de préserver leurs biens propres qui risquaient d’être saisis.

Sophie Verne

Une aïeule de mes enfants, Sophie Verne, demanda la rupture de son union avec son second mari, le 15 avril 1793 
« constatant que sondit époux est émigré et que son émigration au terme de l’article IV du paragraphe premier de la loi du 20 septembre 1792 sur le divorce est un motif suffisant pour autoriser la ditte Sophie Verne son épouse à demander d’être divorcée avec lui »
« Le contrat civil du mariage est dissous et qu’ils sont libres de leurs personnes comme ils l’étaient avant de l’avoir contracté »


Pierre avait émigré en Angleterre où il était plus en sécurité. Pour protéger ses biens personnels, cette femme avertie demanda alors le divorce qui désolidarisait leur fortune.
A son retour, ils vécurent ensemble avec leurs enfants. 
Malheureusement son époux avait un caractère insupportable pour toute la famille, un deuxième divorce fut inscrit dans les registres d’état civil le 29 avril 1809. « après avoir attendu depuis la ditte heure de dix jusqu’à celle d’onze du matin sans que ledit Sieur D. ait comparu ni aucune personne pour lui. Il était bien précisé « qu’il y sera prononcé aussy valablement en son absence qu’en sa présence ».  En application de «la sentence rendue au tribunal civil de première instance des sept et huit décembre dernier. »

Pierre Marie Félicité fut chassé de la maison. Le pauvre homme termina sa vie tristement dans la manufacture de tabac à Lyon.


Est-ce une bonne idée de graver  pour l'éternité les initiales des couples sur les couverts ?

1 commentaire:

  1. C'est original, le 1er divorce n'avait pas été enregistré, ou bien ils se sont remariés ? Meme dans les toutes petites communes de Gâtine, j'ai trouvé quelques divorces, je pense que beaucoup de femmes ont dû saisir l'occasion de quitter un mariage difficile

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