2016-11-27

Mariages à Lyon, XIXe siècle

Cette étude a été réalisée grâce à un fonds decorrespondance que je numérise et aux actes que l’on trouve aux archives. Je l’ai présentée aux Archives de Lyon à l’occasion de la Semaine de Généalogie, sur le thème des Mariages à Lyon.


Le récit commence après la Révolution, lorsque l’ancêtre Joseph Pérouse se marie et va s’installer à Lyon.
Les recherches portent sur les 33 couples de ses descendants, sur cinq générations, au XIXème siècle, jusqu’à la guerre de 1914-18. Avec les conjoints, et les enfants sans postérité, on recense 118 personnes.

Ces familles ont trouvé leur place à Lyon tout au long du XIXème siècle. Les premières générations viennent s’installer à Lyon, les conjoints choisis par les générations suivantes ont soit des parents, soit des grands-parents, qui ne sont pas nés à Lyon mais provenant d’afflux migratoires venus de la région Rhône-Alpe-Auvergne.

On découvre la stratégie d’alliance privilégiée : même milieu social, même profession.
Joseph P, le chapelier, marie sa fille Joséphine au fils d’un fabricant de chapeaux, lui-même marchand fabricant de chapeaux, en 1821.
Jean G, avocat, a marié sa fille à un avocat, il accordera sa petite-fille à un avocat, en 1813.
Ces mariages choisis par la famille n’empêchent pas que l’amitié, (et même l’amour) unisse les conjoints comme en témoignent les lettres de Zélia, de Jeanne et de Marie, ainsi que les journaux intimes des jeunes filles comme celui de Virginie. (J'aurai l'occasion de vous parler encore de ces femmes admirables dont vous pouvez voir les photos, en suivant les liens)

Chaque union est le début d’une histoire unique. Il est passionnant d’observer au sein de chaque branche les similarités et les divergences des situations. On voit ainsi :
   Des mariages romantiques dans lesquels la différence d’âge ne semble pas gêner les amoureux comme Jeanne et Jean. 
  Des mariages arrangés, deux sœurs épousent deux frères, la première sera heureuse, la seconde regrettera le choix de  sa famille. 
  Des alliances qui sont menées tambour battant en quelques semaines. D'autres nécessitent de longues négociations.

   Les mères sont tristes lorsque leurs fils épousent une jeune fille étrangère à leur entourage.
Zélia à Jeanne 1899

C’est l’occasion d’observer les rituels liés à la demande en mariage, au temps des fiançailles et des noces. En m’appuyant sur des références bibliographies, j’ai pu comprendre les usages en cours au XIXe siècle. L’écart à la norme est révélateur de la dynamique des tensions amoureuses ou émancipatrices des jeunes gens.

La signature du contrat de mariage couronne les négociations entre les deux parties.  C’est la récolte de ces contrats dans la série 3E aux AD qui permet de comparer les dots et les alliances entre les familles. Voilà des projets pour continuer cette étude...


Il est temps de parler d’amour avec le langage des fleurs.  

Un bouquet de lilas blancs, symbole de l’amour naissant, est envoyé le 28 janvier 1891, par Charles, à l’adresse d’Élisabeth aussitôt que sa mère consent au mariage qui est célébré le 11 avril suivant.


Ce bouquet de lilas blancs suscite une question (voir commentaires) qui fait l'objet de l'article qui suit. Avez-vous des suggestions ?

cliquez pour lire Le bouquet de lilas blancs 

2016-11-19

Joseph P.

Pour le 3ème #RDVAncestral,  rendez-vous avec un ancêtre, le sujet était tout trouvé. Tout au long de ces dernières semaines, j’ai travaillé sur le thème du mariage des descendants de Joseph P. Je viens de faire une présentation aux Archives de Lyon, dans le cadre de la semaine de la généalogie. 
A partir d’un fonds de correspondance et des documents des archives, je me suis appliquée à retracer tous les mariages de cinq générations à Lyon, au XIXe siècle.

C’est en rentrant des Archives que je me suis sentie proche de Joseph P. au point de lui rendre visite.

                       

Je fais souvent un détour par la rue Auguste Comte pour admirer ce balcon qui porte les initiales J.P de Joseph Pérouse.



Ce soir, j’hésite un peu avant d’oser entrer. Nous sommes en 1821, je me trouve devant le numéro 7 de cette rue qui s'appelle alors : rue Saint-Joseph.

Joseph Pérouse qui m’ouvre la porte paraît surpris de me voir. Néanmoins il me fait bonne figure.


Je me présente en précisant que je suis l’épouse de son descendant à la septième génération.
Il m'annonce qu’il est très occupé parce qu’il doit préparer le mariage de sa fille Joséphine. Justement, lui dirai-je que je m’intéresse aux mariages lyonnais ? C'est à l’occasion de la semaine de la généalogie qui a lieu aux Archives de Lyon, pas très loin d’ici.
Ouf pas d’erreur ! Il faut que je reste concentrée sur son époque, car nous pourrions avoir des difficultés de communication.
Intrigué, Joseph me propose d’entrer dans son atelier. Il est marchand fabriquant de chapeaux.
Je lui dis que je serais curieuse de découvrir les chapeaux de paille d’Italie qui ont fait sa réputation à Marseille. Son regard devient alors plus dur et il réplique qu’il n’a aucune envie de se remémorer cette sombre période de la Révolution Française. J’ai conscience d’avoir fait une gaffe, je vous raconterai cette période ultérieurement en aparté sur ce blog. (voir J_Joseph P.)


Pour me faire pardonner, j’admire avec sincérité ses créations. Je lui demande s’il va offrir des chapeaux dans le trousseau de Joséphine. 
Il me montre de superbes chapeaux de paille ou de feutre, ornée de plumes, de fleurs, de perles, et de magnifiques rubans en soie tissés de fils d’or et d’argent comme les soyeux de Lyon savent les fabriquer … Elle n’aura qu’à choisir.

Joseph me confie combien il est heureux qu’Antoine Falcouz ait demandé sa fille en mariage. Antoine est lui-même chapelier, il habite avec sa mère, à deux rues d’ici . Son défunt père avait une boutique de chapeaux dont Antoine a hérité. Joseph espère que son gendre va réunir les deux affaires, ce qui lui permettrait de cesser la fabrication d’ici quelques mois, pour se consacrer au négoce. Qu’en pense Joséphine, lui demandé-je ? Bien sûr, la jeune fille a été consultée avant d’accepter cette alliance. Il est préférable que le couple s’entende bien pour que les affaires marchent. Joséphine connait Antoine depuis longtemps, ils ont l’occasion de se rencontrer.
J’essaye alors de maintenir la conversation sur le sujet du mariage puisque c’est l’objet de notre rencontre. Est-ce une bonne idée d’expliquer que j'ai dressé cet arbre de sa descendance ?

Au début du XXème siècle, ils sont au nombre de soixante-et-onze, ses descendants à la cinquième génération. La plupart vivent à Lyon. 
Ensuite trois générations et cent ans plus tard … je ne les ai pas encore tous comptés ses arrières arrières arrières …. petits-enfants !
Je pourrais lui montrer les photos de beaucoup de ceux-ci, je les classe précieusement sur mon ordinateur que j’hésite à sortir de mon sac.
Mais Joseph ne semble guère intéressé par mes recherches sur sa famille, il reste plus préoccupé par sa boutique, par l’établissement de sa fille et par le contrat à établir en faveur des nouveaux mariés.


En le félicitant pour ce mariage, je lui promets d’assister à la cérémonie le onze du mois de janvier.
Je le quitte sans avoir pu photographier ses chefs-d’œuvre. Trop de distance entre nous ce jour là, cependant il me plait bien cet ancêtre, je reviendrai lui rendre visite !  

2016-11-01

Un tout petit village

 Aubenas-les-Alpes


Ouvrir un très vieux registre (AD 13)
et trouver un contrat de mariage passé en 1655 à Marseille.

Celui d’Estienne Mauroux et Anne Gatte.

Ajouter un lieu où pousse un rameau ancien 
Aubenas-les-Alpes se trouve dans le diocèse de Sisteron. 


Perché sur une colline où pousse la lavande, entre la montagne de Lure et le Luberon, ce village minuscule, peut-être le plus petit village de France, compte aujourd’hui cinq habitants, dans l'unique rue. 

Une toute petite église du XIIème siècle et quelques maisons en pierre du XVIème siècle, en contrebas d’une demeure seigneuriale dite le Château.

Assises là, sur un banc en pierre, deux amies octogénaires discutent tranquillement, l’une d'elles nous propose spontanément d’ouvrir l’église. Je dis que mon ancêtre est né ici. Le nom de son père Jean Mauroux (qu’elles prononcent Morouss ) aussi bien que celui de sa mère Magdeleine Reynier, leur apparaissent familiers. Elles nous montrent le lieu-dit les Mauroux proche des Reynier, deux belles propriétés avec de grandes maisons en pierre, un pigeonnier, des terres … 
Cela n’étonne nullement ces deux femmes très réactives que je cherche mes ancêtres, dont elles sont sûres qu’ils sont au cimetière attenant !


Aubenas-les-Alpes, les Mauroux et les Reyniers


Etienne Mauroux (sosa 1162) habitait à Marseille depuis quelque temps déjà lorsqu’il signa, le 4 mai 1655, le contrat régissant son union avec honeste filhe Anne Gatte. 

Il semble qu’Estienne ait touché avec sa dot sa part d’héritage. Il ne pourra désormais plus prétendre avoir d’autres biens à Aubenas. C’était la coutume de laisser la propriété à l’aîné. Son frère Gaspard a fait le voyage jusqu’à Marseille pour le mariage d’Etienne, il est chargé par leur père d’apporter l’acte fixant les conditions.
Mais Estienne fait un beau mariage car Anne est bien dotée. Son aïeul Jacques Gatte a pensé à elle en faisant son testament deux années plus tôt. Il donne à sa petite fille vigne arbre et bastidon. Guilhen Gatte et sa femme Jeanne Sarde, les parents de la jeune épousée se montrent satisfaits de ce mariage  ayant le présent mariage agréable chacun d’eux constitue en augment de dot…
 Leur descendance sera marseillaise, une suite de six générations cultivant la terre : laboureur, ménager, puis jardinier, horticulteur…