2016-09-27

Pour une recherche aux Hypothèques (II)

Une recherche aux hypothèques suit le même parcours dans toutes les archives départementales.
Table alphabétique
Répertoire de formalités
Transcriptions

J’ai décrit l'atelier aux AD du Rhône, pour une recherche hypothèques (I)
Cependant, selon les sites des AD ce ne sont pas les mêmes documents qui sont numérisés et publiés en ligne. Je vous fais partager ici mon expérience aux Archives départementales du Var.
Les tables alphabétique des patronymes sont numérisées et consultables sur le site :

Après avoir choisi le bureau : Brignoles, Draguignan ou Toulon, on peut consulter l’Indicateur des noms
Si je cherche Audibert ce patronyme se trouve dans la table 4Q01 

Je vais dans le répertoire alphabétique des noms, je clique sur la cote 4Q04 pour ouvrir le volume 2, le folio 86 est numérisé à la page 87/202.
Étant donné que ce nom de famille est fort commun dans le sud, je dois survoler toutes les pages à l’affût de lieux et de prénoms que je connais. 
C’est un joli voyage dans les bourgs de Provence, il y a seize doubles pages.
Bon, voilà mon François Audibert :


Règle d’or du généalogiste, ne pas s’arrêter, regarder autour …
Voici le même Jean François, un peu plus loin, avec ses deux prénoms, accompagné de Cécile sa sœur. 

 Le compte de Jean François Audibert se trouvera dans le volume 28_ case 205
Je dois à présent chercher la cote du volume 28. 
Elle se trouve dans le Relevé de formalité, juste au-dessous sur la page du site. Il ne faut pas s’étonner si le volume 1 apparaît après le vol 323, on fait tourner la molette de la souris et le curseur descend dans la liste. La cote 4Q74 est nécessaire pour commander ce volume 28, consultable à Draguignan dans la salle de lecture des AD 83.
4Q74  
1798-1955  
Relevé de formalité  
Vol. 28 - non numérisé. Consultable en salle de lecture  

J’ouvre ce vieux registre avec précaution, je cherche la case 205, celle de Jean François, et la case 206 de Cécile Audibert. Ce tableau contient différentes transactions.

Voyons cette vente pour 1200 frs, le 5 février 1811, d’une terre qu’ils ont héritée en commun.
Le registre de formalité sera le volume n°21 à l’article 646

A l’étape suivante, il faut consulter les transcriptions hypothécaires qui sont en ligne. Cliquons sur le lien à droite, tout en bas de la page.

 Transcriptions Hypothécaires 

Ouvrons d’un clic le registre 4Q1777 :
Conservation de Brignoles, Transcriptions hypothécaires vol. 21
Registre de transcription des Actes translatifs de propriété d’Immeubles
Allons à l’article 646 , numérisé  page 150/230

Le cinq fructidor an 11
Une propriété de terre semable complantée d’une vigne vieille presque abandonnée en partie inculte. Sise au quartier de la Trinité. Les confronts sont énoncés.
L’acte de vente est retranscrit intégralement.


Le personnel des archives du Var se montre extrêmement sympathique, j’ai apprécié que tous soient prêts à m’aider. Je leur décerne la palme de mes archives préférées. Je suis allée plusieurs fois à Draguignan cet été, j’ai récolté beaucoup de pistes pour continuer des recherches aux hypothèques, certaines sont encore dans des impasses, d’autres feront l’objet de récits que je n’osais espérer.
Les archives sont une source de trésors inestimables !

2016-09-09

Grambois en Luberon

Oh Magdelaine, sais-tu que je pense souvent à toi lorsque je suis dans ta maison. Comme tu le faisais sans doute, je regarde le paysage qui s’étend au-delà de nos fenêtres, exactement entre Grambois, ton village natal, et Barjols où tu mourus en 1801.
Tu es une femme discrète, mais as-tu conscience de toutes les traces que tu as laissées ? Je connais ton parcours car j’ai trouvé une quantité d’actes qui te concernent.
Certains épisodes de ta vie me touchent particulièrement, j’ai écris plusieurs articles qui parlent de toi : Grambois, Magdeleine gamberge _ Magdelaine, jeune veuve en 1766_ Four à pain _ Le testament de Jean  _   Barjols1801, une visite à Cécile
Il est rare de connaître la profession d’une maîtresse de maison au XVIIIe siècle, toi Magdelaine, jeune veuve d’un aubergiste, je sais que tu assumais l’auberge, seule, puisque sa famille vivait loin de Saint-Julien.

J’avais envie de voir Grambois où tu naquis le 14 décembre 1738.


Ton village, fort ancien, porte bien son nom : Grand Boué est juché sur un coteau dans le Luberon, au milieu de forêts de chênes verts, de pins. Le bourg n’a guère changé depuis l’époque où tu fréquentais ces lieux : de belles maisons en pierre, une église superbe où tu t’es mariée, comme tes ancêtres avant toi, depuis plus de quatre générations que j’ai pu remonter.


Ces lieux ne sont pas sans similitudes avec Saint-Julien où tu as vécu après ton mariage le 28 avril 1761. Tu avais 22 ans, Jean Audibert 49 ans. Et bien, cette différence d’âge ne me gène nullement, j’ai une grande estime pour Jean, mort si rapidement après cinq années de mariage. Le temps de faire quatre enfants… et encore mon aïeul, Jean François est né deux mois après le décès de son père.

Magdelaine, Magdeleine, comment as-tu eu la force, alors que tu étais enceinte, d’enterrer ton deuxième bébé, âgé d’un an en 1764, puis ton époux mort si brutalement en 1766. Ensuite de tenir l’auberge, d’élever ces trois pitchouns ? Tu étais si seule.



A Grambois, nous avons marché sur ces rues pavées avec des escaliers muletiers, comme les familles Allier, Bounaud, Asse,etc. ont pu le faire depuis des siècles.


cliquer pour agrandir

Tes ancêtres : Francois, Joseph, Dominique, Anthoine, ALLIER étaient ménagers; ils possédaient la terre qu’ils cultivaient.

Justement, il y existe encore un lieu-dit Les Alliers.

Tu penses bien que je suis allée voir ces bastides, en supposant que c’était là que demeurait ta famille. Je ne sais pas quelle maison tu as connue. Au XVIII la famille Allier est devenue prospère, les enfants étaient nombreux, il y a deux corps de logis disposés en U. Le pigeonnier carré, le puits couvert d’une coupole, le four à pain ont été conservés.


Tu serais bien étonnée de voir comme ce groupe de fermes a été rénové avec soin, elles accueillent des touristes étrangers actuellement.


Combien de fois, Magdelaine et ta famille, avez-vous parcouru la route entre Grambois et Saint-Julien ?
Grambois vu des Alliers
Entre ces deux bourgs la route serpente longuement dans la verte Provence des forêts.

A l’approche de Mirabeau, Saint-Julien apparaît tel le rivage des Syrtes émergeant de la brume de l’aurore (disait mon génial professeur de français qui habitait Mirabeau).
Traverser la Durance devait être une épreuve car le bac affrontait les eaux tantôt tumultueuses tantôt asséchées. 
Chaque fois que je passe à cet endroit je pense à toi encore Magdelaine.