2016-11-19

Joseph P.

Pour le 3ème #RDVAncestral,  rendez-vous avec un ancêtre, le sujet était tout trouvé. Tout au long de ces dernières semaines, j’ai travaillé sur le thème du mariage des descendants de Joseph P. Je viens de faire une présentation aux Archives de Lyon, dans le cadre de la semaine de la généalogie. 
A partir d’un fonds de correspondance et des documents des archives, je me suis appliquée à retracer tous les mariages de cinq générations à Lyon, au XIXe siècle.

C’est en rentrant des Archives que je me suis sentie proche de Joseph P. au point de lui rendre visite.

                       

Je fais souvent un détour par la rue Auguste Comte pour admirer ce balcon qui porte les initiales J.P de Joseph Pérouse.



Ce soir, j’hésite un peu avant d’oser entrer. Nous sommes en 1821, je me trouve devant le numéro 7 de cette rue qui s'appelle alors : rue Saint-Joseph.

Joseph Pérouse qui m’ouvre la porte paraît surpris de me voir. Néanmoins il me fait bonne figure.


Je me présente en précisant que je suis l’épouse de son descendant à la septième génération.
Il m'annonce qu’il est très occupé parce qu’il doit préparer le mariage de sa fille Joséphine. Justement, lui dirai-je que je m’intéresse aux mariages lyonnais ? C'est à l’occasion de la semaine de la généalogie qui a lieu aux Archives de Lyon, pas très loin d’ici.
Ouf pas d’erreur ! Il faut que je reste concentrée sur son époque, car nous pourrions avoir des difficultés de communication.
Intrigué, Joseph me propose d’entrer dans son atelier. Il est marchand fabriquant de chapeaux.
Je lui dis que je serais curieuse de découvrir les chapeaux de paille d’Italie qui ont fait sa réputation à Marseille. Son regard devient alors plus dur et il réplique qu’il n’a aucune envie de se remémorer cette sombre période de la Révolution Française. J’ai conscience d’avoir fait une gaffe, je vous raconterai cette période ultérieurement en aparté sur ce blog. (voir J_Joseph P.)


Pour me faire pardonner, j’admire avec sincérité ses créations. Je lui demande s’il va offrir des chapeaux dans le trousseau de Joséphine. 
Il me montre de superbes chapeaux de paille ou de feutre, ornée de plumes, de fleurs, de perles, et de magnifiques rubans en soie tissés de fils d’or et d’argent comme les soyeux de Lyon savent les fabriquer … Elle n’aura qu’à choisir.

Joseph me confie combien il est heureux qu’Antoine Falcouz ait demandé sa fille en mariage. Antoine est lui-même chapelier, il habite avec sa mère, à deux rues d’ici . Son défunt père avait une boutique de chapeaux dont Antoine a hérité. Joseph espère que son gendre va réunir les deux affaires, ce qui lui permettrait de cesser la fabrication d’ici quelques mois, pour se consacrer au négoce. Qu’en pense Joséphine, lui demandé-je ? Bien sûr, la jeune fille a été consultée avant d’accepter cette alliance. Il est préférable que le couple s’entende bien pour que les affaires marchent. Joséphine connait Antoine depuis longtemps, ils ont l’occasion de se rencontrer.
J’essaye alors de maintenir la conversation sur le sujet du mariage puisque c’est l’objet de notre rencontre. Est-ce une bonne idée d’expliquer que j'ai dressé cet arbre de sa descendance ?

Au début du XXème siècle, ils sont au nombre de soixante-et-onze, ses descendants à la cinquième génération. La plupart vivent à Lyon. 
Ensuite trois générations et cent ans plus tard … je ne les ai pas encore tous comptés ses arrières arrières arrières …. petits-enfants !
Je pourrais lui montrer les photos de beaucoup de ceux-ci, je les classe précieusement sur mon ordinateur que j’hésite à sortir de mon sac.
Mais Joseph ne semble guère intéressé par mes recherches sur sa famille, il reste plus préoccupé par sa boutique, par l’établissement de sa fille et par le contrat à établir en faveur des nouveaux mariés.


En le félicitant pour ce mariage, je lui promets d’assister à la cérémonie le onze du mois de janvier.
Je le quitte sans avoir pu photographier ses chefs-d’œuvre. Trop de distance entre nous ce jour là, cependant il me plait bien cet ancêtre, je reviendrai lui rendre visite !  

3 commentaires:

  1. Pour ce billet là, je peux imaginer le principal protagoniste sortant de son immeuble.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Je serais peut-être intimidée si je le croisais.

      Supprimer
  2. Très réussi! J'ai bien aimé ce voyage dans le temps et dans une région où je n'ai aucun ancêtre :)

    RépondreSupprimer

Merci pour le commentaire que vous laisserez !