2016-09-09

Grambois en Luberon

Oh Magdelaine, sais-tu que je pense souvent à toi lorsque je suis dans ta maison. Comme tu le faisais sans doute, je regarde le paysage qui s’étend au-delà de nos fenêtres, exactement entre Grambois, ton village natal, et Barjols où tu mourus en 1801.
Tu es une femme discrète, mais as-tu conscience de toutes les traces que tu as laissées ? Je connais ton parcours car j’ai trouvé une quantité d’actes qui te concernent.
Certains épisodes de ta vie me touchent particulièrement, j’ai écris plusieurs articles qui parlent de toi : Grambois, Magdeleine gamberge _ Magdelaine, jeune veuve en 1766_ Four à pain _ Le testament de Jean  _   Barjols1801, une visite à Cécile
Il est rare de connaître la profession d’une maîtresse de maison au XVIIIe siècle, toi Magdelaine, jeune veuve d’un aubergiste, je sais que tu assumais l’auberge, seule, puisque sa famille vivait loin de Saint-Julien.

J’avais envie de voir Grambois où tu naquis le 14 décembre 1738.


Ton village, fort ancien, porte bien son nom : Grand Boué est juché sur un coteau dans le Luberon, au milieu de forêts de chênes verts, de pins. Le bourg n’a guère changé depuis l’époque où tu fréquentais ces lieux : de belles maisons en pierre, une église superbe où tu t’es mariée, comme tes ancêtres avant toi, depuis plus de quatre générations que j’ai pu remonter.


Ces lieux ne sont pas sans similitudes avec Saint-Julien où tu as vécu après ton mariage le 28 avril 1761. Tu avais 22 ans, Jean Audibert 49 ans. Et bien, cette différence d’âge ne me gène nullement, j’ai une grande estime pour Jean, mort si rapidement après cinq années de mariage. Le temps de faire quatre enfants… et encore mon aïeul, Jean François est né deux mois après le décès de son père.

Magdelaine, Magdeleine, comment as-tu eu la force, alors que tu étais enceinte, d’enterrer ton deuxième bébé, âgé d’un an en 1764, puis ton époux mort si brutalement en 1766. Ensuite de tenir l’auberge, d’élever ces trois pitchouns ? Tu étais si seule.



A Grambois, nous avons marché sur ces rues pavées avec des escaliers muletiers, comme les familles Allier, Bounaud, Asse,etc. ont pu le faire depuis des siècles.


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Tes ancêtres : Francois, Joseph, Dominique, Anthoine, ALLIER étaient ménagers; ils possédaient la terre qu’ils cultivaient.

Justement, il y existe encore un lieu-dit Les Alliers.

Tu penses bien que je suis allée voir ces bastides, en supposant que c’était là que demeurait ta famille. Je ne sais pas quelle maison tu as connue. Au XVIII la famille Allier est devenue prospère, les enfants étaient nombreux, il y a deux corps de logis disposés en U. Le pigeonnier carré, le puits couvert d’une coupole, le four à pain ont été conservés.


Tu serais bien étonnée de voir comme ce groupe de fermes a été rénové avec soin, elles accueillent des touristes étrangers actuellement.


Combien de fois, Magdelaine et ta famille, avez-vous parcouru la route entre Grambois et Saint-Julien ?
Grambois vu des Alliers
Entre ces deux bourgs la route serpente longuement dans la verte Provence des forêts.

A l’approche de Mirabeau, Saint-Julien apparaît tel le rivage des Syrtes émergeant de la brume de l’aurore (disait mon génial professeur de français qui habitait Mirabeau).
Traverser la Durance devait être une épreuve car le bac affrontait les eaux tantôt tumultueuses tantôt asséchées. 
Chaque fois que je passe à cet endroit je pense à toi encore Magdelaine.

5 commentaires:

  1. Voilà des bourgs que je connais bien avec la Durance, cette rivière indomptable. Si aujourd'hui, tout nous semble simple,j'imagine la difficulté d'y vivre au 18è siècle.

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  2. Tu es toi aussi sous le charme de la Provence, merci pour ton commentaire qui nous rapproche.

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  3. Magdelaine et sa lointaine petite-fille donnent envie de connaître la région !

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  4. Merci pour cette magnifique promenade sur les traces de Magdeleine, une femme courageuse qui a surmonté bien des épreuves.

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