2015-06-30

Z _ Zanzibar

La porte en bois sculpté d’une maison de Saint-Tropez éveille l’imaginaire des passants. Le capitaine Cerisola l’a rapportée de Zanzibar au XIXè siècle.

C’est la porte de l’école d’hydrographie, fréquentée par les matelots depuis 1802. 
Sûrement Bruno et Ignace ont étudié dans cette école avec d'autres jeunes tropéziens, avant qu'ils ne partent en mer comme capitaines au long cours.

Zanzibar me fait rêver et me turlupine. 
J’ai trouvé plusieurs liens que j’essaye de tirer, mais je n’ai pas résolu l’énigme à ce jour.


Le cimetière marin est idéalement situé dans la baie de Saint-Tropez.
Parmi les tombes blanches, celle de la famille Cerisola attire mon attention. Dans le marbre est gravée cette inscription :  
«  Famille Bancala – Cerisola Paul »
J’aimerais identifier ceux qui reposent là. Le nom Bancala s’est perdu car, à ma connaissance, l’oncle Ignace n’a pas eu de descendants.  Lui-même s’est marié avec Rosa Morello dont la mère est Marie Marguerite Cerisola . C’est un indice mais je n’ai pu aller plus loin.

Voilà pourquoi ce nom,  Zanzibar, associé aux marins tropéziens, me fait rêver de grands voyages qui ouvrent des portes à l’imagination.

2015-06-29

Y Grec


Penser très loin dans le temps.
Penser que nos ancêtres étaient Grecs dans l’Antiquité.

Mes aïeux étaient Étrusques, Romains, Gaulois, Gallo-romains ...
Ils ont fait la guerre, ils ont fait l’amour.

Via della Fortuna - Via dell'Amore à Pienza -Toscane
L’histoire de l’Antiquité prend beaucoup plus d’intérêt depuis que j’ai compris la réalité de nos racines que nous partageons avec les populations méditerranéennes.
Bien sûr, mes arbres ne remonteront jamais jusqu’à ces époques lointaines. (voir Foça)
Les ancêtres dont je porte le nom vivaient dans une île de la mer Tyrrhénienne. Sur le registre de 1634 à Giglio Castello, le nom Bancala est écrit : Bancherà (ce qui fait que les anciens lui attribuent une origine grecque) et succesivemente Bancarà puis Bancalà.
Parmi nos ancêtres il y avait des marins, ils fréquentaient les rivages qui avaient été grecs.
J’aime à penser que ces hommes se racontaient les récits de l’Odyssée d’Ulysse qui naviguait, comme eux, dans cette mer Méditerranée.

Ulysse et les Sirènes
permalien

Comment ne pas se sentir proche de ces migrants qui, de nos jours, traversent la Méditerranée, au risque de leur vie, dans l’espoir d’un avenir meilleur dans nos pays.

Bibliographie
La Méditerranée, Les hommes et l‘héritage, sous la direction de Fernand Braudel. Ed. Flammarion 1986.
Odyssée, Homère, -  gallica.bnf.fr

2015-06-28

X _ remonter 10 générations à Saint-Tropez



Mon père savait que son grand-père venait de Saint-Tropez. Au-delà,  pfuitttt … une vague légende.
Aujourd’hui si je reprends notre arbre à partir des ancêtres de Victoire Simon (sosa 17) voilà le tableau :

Au XIXe siècle, les ancêtres de mon AGP paternels étaient tous des marins tropéziens. Leurs fils, leurs gendres et leurs cousins naviguaient comme eux.
Au XVIIIe siècle, la population de Saint-Tropez a fortement augmenté car le port très dynamique était attractif.
Ursule Talon et son frère sont venus des ports voisins : Fréjus et Saint-Raphaël .
Au XVIIe siècle, il faut chercher les origines qui se diversifient .
Les registres BMS ne sont conservés à  Saint-Tropez que depuis 1692.

Jean Baptiste Marquet a épousé en 1717 Marguerite Paule, fille de Jacques Paul, née à Vergons dans les Alpes de Haute-Provence.

Plusieurs familles Rebufel (et Rebuffel) quittent Valderoure et Séranon dans les Alpes-Maritimes au dessus de Grasse.
"Jean" Baptiste Rebufel se marie en 1722 à Saint-Tropez.

Le père de sa femme MarieThérèse est Jacques Féraud dit La Liberté. Il vient de Collobrière (Var). Son acte de décès en 1708, indique qu’il est « travailleur de terre ».

On voit que pour certaines branches les premières générations étaient des laboureurs descendus de leurs villages de Provence intérieure, mais ensuite leurs fils seront matelots et leurs petits-fils des capitaines marins.

Provinciae, regionis galliae
source Gallica. bnf.fr (permalien)
Bibliographie
R.J.Aubenas, Les vallées de Séranon et de Valderoure des origines à 1815, Ed. Mémoires et travaux de l’Association Méditerranéenne d’Histoire et d’Ethnologie, 1976
Maurice Aymard, Migrations, in La Méditerranée, sous la direction de Fernand Braudel, Flammarion, 1986
Gilbert Buti, Les Chemins de la mer. Un petit port méditerranéen : Saint-Tropez (XVIIe –XVIIIe siècles) Rennes, PUR, 2010


2015-06-26

W _ Where in Marseille



Where




Marseille



Entre le XVIII et le XIX siècle les ancêtres de Marie Nicolas ont vécu à Marseille. Mais avant cette époque, lesquels sont d’authentiques Marseillais ?
Je n'ai exploré que les registres de La Major, mais il y a beaucoup de quartiers que je connais pas encore  
D’où viennent ceux dont je ne retrouve pas les ascendants dans les registres de la ville ? Probablement des contrées aux alentours, mais il est malaisé de remonter le temps lorsque ce sont d’humbles personnes qui ne proviennent pas de lignées répertoriées dans d’autres généalogies.
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b69491945
Vue de l'Hôtel de Ville de Marseille du côté du Port
Gallica.bnf.fr

En 1720 la population de Marseille est décimée par la grande peste.
A la suite de cette calamité, de nombreuses populations sont venues repeupler la cité, je n'ai encore aucune piste pour savoir d'où venaient les miens. 


2015-06-25

V _ comme Veuf ou Veufve

De l’importance de tout noter pour ne rien perdre 
(même pas une première épouse !)



Dans cette branche de ma généalogie méditerranéenne, j’ai constaté qu’un schéma se reproduisait six fois. Celui d’un veuf qui se remarie. C’est très banal, me direz-vous ! Pourtant ce cas de figure advient rarement dans mes autres généalogies et ne fait pas de sens particulier.

Ici ce qui m’intéresse, c’était un secret de famille. 
Mon père a appris lors du décès de sa mère qu’elle avait épousé un veuf. Personne n’a compris la raison de ce silence sur son père.
Or, si l’on regarde les ancêtres de Marius : comme lui, son père, son oncle, ses arrières-grands-pères paternels et maternels, sa tante maternelle, se sont remariés après un premier veuvage.
On constate donc une multiplication symétrique de veufs et un secret sur la dernière génération.
 J’ai bien pensé enquêter sur la dénommée François Massat, première épouse comme le révèle le livret de famille de Marius. Mais les actes la concernant ne sont pas en ligne. On peut échafauder des hypothèses sur ce silence…
Il y a quelques mois, j’ai retrouvé le carnet de guerre de mon grand-père qui écrit des pensées fort émouvantes sur cette chère jeune épouse. Elle était malade, elle est morte entre mai 1914 et le début de la guerre.




Voici ma recette que j’ai testée sur d’autres histoires :

Noter tout ce que l’on peut et laisser reposer. Aérer de temps en temps les carnets qui sont restés confinés, les secrets peuvent s’éventer et se dissiper au grand air.

2015-06-24

U _ Ursule Talon

 (en 100 mots)

U
rsule Talon est mon sosa 69.
Ursule est née en 1732. Son père, Honoré, est maître charpentier à Saint-Raphaël.
Ursule a vingt-huit ans lorsqu’elle épouse François Simon, à Saint-Tropez. François est matelot. Le couple a deux enfants Bruno et Marie.


Ursule est veuve lorsqu’elle rédige son testament le 26 décembre 1780. A l’âge de soixante ans, en 1797, elle décède « en sa maison qu'elle habite quartier de Cavaillon ». Son fils Bruno hérite d’une propriété de vigne à Saint-Tropez.
Voici sa signature : (ni ses filles, ni aucun des ancêtres de son petit-fils ne savent signer) 


T _ Trafalgar

L’énigme de Félix Ignace B. et de Tropez Ignace B. est éclaircie.
Les deux frères se sont embarqués sur de grands vaisseaux, lors les guerres napoléoniennes. L’un d'eux, mon aïeul, est revenu à Saint-Tropez  après 8 ans et 6 mois et 28 jours de captivité dans les sordides prisons d’Angleterre.

 Pour Félix Ignace Bancala, le registre  matricule indique son état de service pour l'empereur.
Du 1 nivose (22 décembre 1804) sur le vaisseau Le Berwick
au 29 brumaire jour de la prise dudit vaisseau par les Anglais ; 
 ensuite il est prisonnier de guerre.

Le Berwick était un vaisseau de 74 canons, pris aux Anglais en 1795, il servit sous le drapeau français jusqu’à la bataille de Trafalgar où il fut repris par les Anglais. Le lendemain de cette bataille de Trafalgar, il fit naufrage lors d’une terrible tempête à Sanlucar.
Le capitaine de ce vaisseau, Jean Gilles Filhol de Camas est tué par un boulet. Son second Charles Tropès Guichard, un tropézien capitaine de frégate, meurt dans cette bataille le 21 octobre 1805. Le Berwick a perdu 250 hommes, il n’a plus de grand mât, plus de mât d’artimon, plus de gouvernail. Il se rend. Le lendemain dans la tempête, il coule après que les prisonniers français aient coupés les câbles car il était remorqué par un navire anglais ; le Donegal se porte vite à son secours, envoie des bateaux mais 200 personnes se noient.
Ignace Félix Bancala a échappé à la mort, néanmoins il a été fait prisonnier pendant 8 ans et plus tard son frère assura qu’il était mort en 1814.
The Battle of Trafalgar, 21 october 1805: End of the action
by Nicholas Pocock , National  Maritime Museum 

Maintenant que vous connaissez la fin de cette tragique bataille navale, il est temps de raconter les péripéties du Berwick depuis le moment où partit Ignace Félix, accompagné de son frère (je ne sais pas encore s'ils étaient sur le même navire). 

Ignace Félix a été réquisitionné depuis le 22 décembre 1804.
Le 11 janvier 1805, onze vaisseaux dont Le Berwick, et sept frégates appareillent de Toulon, sous le commandement de l’amiral Villeneuve.
Un mistral terrible se met à souffler dans le golfe du Lion et cause des dégâts qui obligent à rebrousser chemin, l’escadre rentre à Toulon.
29 mars 1805, onze vaisseaux, six frégates et deux bricks prennent un nouveau départ. L'armée navale de Villeneuve réussit à déjouer la surveillance de la flotte anglaise commandée par l’amiral Nelson. L’escadre franchit le détroit de Gibraltar le 8 avril. Elle cueille des vaisseaux espagnols et français à Cadix.  
Un ordre cacheté, à n’ouvrir qu’en pleine mer, enjoint Villeneuve de mettre le cap sur la Martinique.

Original à la mairie de Châteaulin
Diamon Rock  _ A. Mayer
Le 12 mai, la flotte arrive aux Antilles où s’ajoutent six vaisseaux espagnols.
Le 2 juin, dans la mer des Caraïbes, 
Le Berwick participe courageusement à l’attaque de Diamond Rock qui est repris aux Anglais.

Le 11 juin, après des longs jours d’attente pendant lesquels les vivres s’avarient et s’épuisent, Villeneuve donne l’ordre d’appareiller vers l’Europe.  S’ensuit un chassé-croisé avec Nelson qui ne se trouve jamais là où l’on pense.

Le 23 juillet, c’est au cap Finisterre qu’a lieu le combat des « Quinze-vingts ». Au milieu d’un épais brouillard qui se lève puis retombe, les ennemis s’affrontent à l’aveugle. Malgré les pertes et les blessés, chacun peut se prétendre vainqueur. 


Collections of the National Maritime Museum
William Anderson, Bataille du Cap Finisterre

Villeneuve revient mouiller dans la rade de Cadix, dans l’espoir de remédier à l’état déplorable de sa flotte, ses hommes sont épuisés. Napoléon lui donne l’ordre de regagner Naples.

Les 27 navires de l’escadre de Nelson bloquent les 33 vaisseaux français et espagnols. Ils tronçonnent sa flotte en attaquant successivement ses bâtiments. Nelson est tué. Environ 4400 Français et Espagnols et 449 Anglais ont péri.

La bataille de Trafalgar est un désastre irréparable qui anéantit la force navale de Napoléon.

http://www.bbc.co.uk/arts/yourpaintings/artists/nicholas-pocock/paintings/slideshow#/34
The Battle of Trafalgar, 21 october 1805: Beginning of the action
by Nicholas Pocock , National  Maritime Museum 

Iconographie

2015-06-22

S _ Saint-Tropez

Avant, on ne sait pas.
Une barque arrivée là. Qui ? Torpès
Tropez, tu dis ? Torpes = Tropez. De toute façon, il avait perdu la tête. Venait de Pise. Un fou ? Non décapité ! La légende. C’était un saint !  - Tropes. 

Saint-Tropez -Bravade (coll. personnelle)
Ils ont promené le saint, 
Tropez
qui protège les marins.
Ils ont fait la bravade.


Les hommes, les pétards

Les marins, les départs



Les épouses espèrent des pères pour leurs enfants.




Les « naviguants » restent longtemps loin 

Le vent gonfle les voiles des tartanes, des pinques, des polacres, …
Ursule soigne sa vigne, Victoire et Marianne vendent du poisson, Clara s’ennuie.
Lorsque les matelots sont de retour les enfants ont grandi. Les fils deviendront matelots, deviendront capitaines. Partiront.
Ils partent. Les mères attendent. Ils se marient, leurs femmes attendent, mettent au monde les enfants, Cécile les aide.


Ils ne savent pas ce que Saint-Tropez est devenu.




2015-06-20

R _ Raïs des madragues

Antoine Ricard (sosa 66) était rais des madragues à Saint-Tropez en 1776, comme nous l’apprend l’acte de mariage de sa fille Élisabeth Modeste Ricard. Il a été second rei de madragues en 1784, en 1760, la profession est précisée dans les registres BMS de Saint-Tropez.

La Madrague ou la Pêche au thon - © Musée national de la Marine
Joseph Vernet, Vue du golfe de Bandol :
 La Madrague ou la pêche au thon, 1754,  

 © Musée national de la Marine _ permalien pour zoom et analyse de La Madrague


Le rais ou le rey des madragues est le chef des pêcheurs, c'est un homme respecté de tous.
« La personne qui jouit de plus de considération dans nos madragues, c'est celle du rais. Ce nom est donné au chef des pêcheurs, qui a la suprême direction de la pêche, et une autorité absolue sur tous les pêcheurs, appelé dans les madragues de Provence, rey. Il dispose, il ordonne, il juge, il châtie, sans que personne ose se plaindre ni murmurer de son pouvoir sans bornes; aussi cherche-t-on toujours pour ce poste important l'homme le plus habile et le plus intègre, puisque c'est de lui que dépend entièrement l’heureuse issue de la pêche... » source 2

La madrague désigne à la fois la « grande pêche », le lieu et le dispositif de filets : un vaste labyrinthe pour capturer les thons. Cette pêche saisonnière était organisée pendant la période de migration des thons entre mars et novembre.
Ce monopole, le roi l’a accordé en privilège aux seigneurs de BandoI qui le cèderent aux princes de Rohan. Les madragues sont données par bail en fermage à des « sociétés de madragaïres » où l’on retrouve les notables tropéziens qui prennent des parts dans l’affaire.
Les fermiers accordent une attention particulière au choix du capitaine ou raïs de madrague car il y a beaucoup d’intérêts en jeu.
C’est le raïs qui trace la madrague, qui décide où placer les filets dans la mer, qui surveille et estime l’entrée des poissons, qui programme le moment crucial où les bateaux des pêcheurs vont encercler la madrague. Toutes ces opérations s’apparentent à des cérémonies spectaculaires qui engagent le respect. On invoque la protection céleste. L’événement concerne toute la population depuis la préparation du matériel, jusqu’à la conservation des thons par marinade ou salaison.



Antoine Ricard est décédé à l’âge de 80 ans "dans la maison qu'il habitait sise à la rue du Portalis" à Saint-Tropez, le 15 fructidor an 7. Il était "naviguant et patron pêcheur " 
 Il avait épousé Marie Catherine Viano (Vian) fille de Vian Mangepan, au patronyme fort intrigant. Tous deux passent pour être nés à Villefranche-sur-Mer mais je n’ai pu retrouver leur acte de naissance ni de mariage.
Antoine est le père d’au moins 7 enfants. Parmi ceux-ci :
 Clara Ricard épouse d’Ignazio Bancala. Je pourrais parler d’elle plus tard…
Tropez Antoine Ricard et Joseph Barthélémy Ricard, ses fils, étaient matelots, ils sont répertoriés dans le registre maritime 4P 58 Archives de Toulon.
Je viens d’apprendre 1 que « des liens familiaux unissent souvent les raïs des cités provençales : ainsi en est-il aux XVIIe et XVIIIe siècles  des familles Ricard et Curet de Saint-Tropez et de Sanary »  
Voilà une piste à suivre car la famille Ricard est difficile à localiser.

Bibliographie
1 Gilbert Buti, Les Chemins de la mer. Un petit port méditerranéen : Saint-Tropez (XVIIe –XVIIIe siècles) Rennes, PUR, 2010
2 D.A. Azuni, Histoire géographique politique et naturelle de la Sardaigne (p.314) - 1802. books.google (cliquer sur le  permalien)

2015-06-19

Q _ Questions

Les questions, voilà ce qui se révèle passionnant dans nos recherches généalogiques.

Plus on découvre d’événements dans la vie de nos ancêtres, plus on se pose de questions.  Dès qu’on trouve un ancêtre on peut se demander :

Qui étaient ses parents ?
Où est situé son lieu de naissance ?
Comment était sa vie ?
Quelle étaient ses occupations ?
Pourquoi ce mariage, le choix du conjoint ?
Que sont devenus ses enfants ?

etc.



Et le meilleur c’est qu’à partir du moment où ces questions sont posées, on s’achemine vers des réponses qui nous entraînent vers des endroits inattendus de l’histoire.


2015-06-18

P_ Procida

Isola di Procida 


Procida est l'une des îles Phlégréennes 
dans le golfe de Naples. 







 Un port en couleur,des ruelles en pente, des jardins, des citronniers...



Une citadelle sur un rocher battu par les flots ... au loin le Vésuve.





Pour atteindre Procida, on embarque depuis Pozzuoli, qui fut une antique colonie grecque puis un port romain. 
Les Anciens situaient l’entrée des Enfers dans la Solfatare des Champs Phlégréens …


Mes ancêtres ont vécu à Procida jusqu’au XVI ème siècle.
Francesco Lubrano était pêcheur. Il avait deux fils : Pietro né en 1572 (sosa 518) et GiacomAntonio né en 1577, à Procida.

Les familles Lubrani sont encore présentes sur l’île, cependant beaucoup ont émigré. Cela fait partie de mes projets de les contacter; un site de généalogie  nous donne des pistes (http://www.procida-family.com/)




A Procida, la célébrité est Graziella, fille d’un pêcheur d’origine grecque. Elle fut aimée par Alphonse de Lamartine dont le beau roman d’amour reste touchant et triste.


Bibliographie :
La cucina di Graziella, Le antiche ricette di Procida, Mario Raffone Editore. 2006
Graziella, Alphonse de Lamartine, disponible sur  Gallica

2015-06-17

O _ Oncle Ignace et les siens

Cher Oncle Ignace,

Ignace, mon arrière-grand-oncle, nous portons le même patronyme puisque tu es le jeune frère de Bruno, mon arrière-grand-père.

Plusieurs hommes, dont ton père, se prénomment Ignace dans la famille Bancala, depuis l’aïeul Ignazio et ses deux fils Ignace (lire H_ médaille de Sainte-Hélène). J’invoque vos prénoms tel un marin qui récite les "litanies de la mer". Nous avons beaucoup d’ancêtres communs, mais déjà vous ne connaissez plus leur île du Giglio. Ton frère n’a pas su la raconter à ses enfants.

Ignace,1868
Ton fils est né en 1867, tu le prénommes Ignace Marius. Toi le jeune capitaine marin, tu es fier de ce futur matelot. Hélas, âgé de treize mois ce bébé meurt.  Neuf mois plus tard, Marie ta jeune épouse met au monde une petite fille Irma.
L’année 1870 est terriblement triste : Marie meurt le 25 septembre et Irma deux semaines après.
Marie, tu la connaissais depuis longtemps. Ta sœur Rosalie s’était mariée avec Joseph Massel le frère de Marie, un capitaine marin. Vous étiez tous deux présents à Marseille le 23 mars 1868, pour la naissance des jumeaux de Bruno. Je suis heureuse que tu aies laissé ta signature, il y a tellement peu de traces de toi.
Je pense que tu pourrais être un des hommes de cette photo que je suppose prise à Saint-Tropez. Elle est rangée à côté de quelques photos dont je ne sais rien identifier.

Après treize ans de veuvage, tu épouses Rosa Morello ; mais je crois savoir que vous n’avez pas eu d’enfants.

C’est à l’âge de 72 ans que tu meurs.  De 1836 jusqu’en 1908, tu résides à Saint-Tropez, lorsque tu n’es pas en mer. 
Je sais où trouver les registres qui retracent ta carrière de capitaine marin et je continuerai à reconstituer ta vie.

2015-06-16

N _ Nés à Marseille, les métiers de la famille Nicolas

La famille Nicolas réside à Marseille depuis le XVIIème siècle. 
Voici les métiers de mes ancêtres marseillais qui vivaient là : 

source de l'image : Musée d'Histoire de Marseille

Si l'on remonte dans le temps sur les sept générations patrilinéaires précédant mon arrière-grand-mère  Marie Nicolas (1843-1817)

Toussaint Nicolas est cordier en 1851, il habite rue des Tamaris, dans le quartier Saint-Laurent. Cette rue n’existe plus; vous en lirez l’histoire page suivante.
André Nicolas est horticulteur, jardinier, ouvrier salpêtrier comme l’indique son acte de mariage avec Marie Magdeleine Cauvin, en 1803 à La Major.
 En 1803 l’ancienne Major est en très mauvais état, la nouvelle cathédrale  n’est pas encore  construite. Dans le jardin de la prévôté, il y avait une  ancienne poudrière, d'où le salpêtre.
Guillaume Nicolas, est laboureur, jardinier, il s’est marié trois fois après ses veuvages
En 1793, il réside "En la maison de campagne du citoyen Barbarin prise hors la porte Bernard du bois"
Jean Baptiste Nicolas est ménager, il a épousé Anne Rose Icard en 1738
Esprit Nicolas, né en 1694, est jardinier. Il a épousé Anne Carle en 1715 à La Major.
Ils ne sont pas décédés lors de la terrible épidémie de peste qui a sévit à Marseille en 1720 et qui causa la mort d'un tiers des habitants.

Jean Baptiste Nicolas et Isabeau Sardou habitent le Canet lors de leurs décès en 1745 et 1740.

Les descriptions pittoresques de Marseille en 1803 (à lire ci-dessous), nous font comprendre l'ambiance des rues du quartier Saint-Laurent à l'époque.

2015-06-15

M _ Marie


Marie mon arrière-grand-mère était épouse de marin. 
J'imagine qu'elle  pourrait me dire ce qui suit :

Ma chère arrière-petite-fille,
Tu dis que tu ne peux rien écrire sur moi, puisque tu ne me connais pas. Pourtant tu sais déjà l’essentiel de ma vie vécue  à Marseille 73 ans et huit mois.
Tu as trouvé mon acte de naissance, le 27 août 1843, mes parents, Toussaint Nicolas et Rose Deleurye, habitaient au n°2 rue des Consuls, à Marseille.


Ouvre la mallette de ton grand-père Marius, regarde ce qu’il a noté au verso de cette photo : 

« souvenir de ma mère »




Et sur cette photo, ne me reconnais-tu pas ? 

Tu vois ma signature, le jour de mon mariage avec Bruno.

C’était le 27 janvier 1881,
je n’étais plus très jeune j’avais 37 ans. Bruno, âgé de 55 ans, était veuf avec deux enfants : Baptistin 20 ans et Marie 11 ans.  
Un an après, le 30 janvier 1882, Marius est né, et Joseph le 6 novembre 1883. Nous habitions 45 rue Hoche à Marseille.
Je crois savoir que tu ne possèdes plus la bague qui était la mienne. Tu as pleuré le jour où on te l’a dérobée. A présent, tu devrais prendre en considération certains de nos objets qui sont dans ta maison. Demande-toi d’où ils proviennent.
Le service à thé * que Bruno m’a rapporté de Chine ? Tu en parlais dans ce dernier article. Tu lui attribues plus de valeur qu’il n’en a, il est tout ébréché ta grand-mère a cassé plusieurs tasses.
Ce n’était pas facile d’être l’épouse de Bruno, tu le sais, un capitaine au long cours est absent longtemps. Il faudra que tu continues à retracer ses voyages en mer… Femme de marin, je devais m’occuper de la maison et des enfants, et lorsqu’il était de retour, il rapportait des cadeaux mais il fallait s’habituer à vivre avec lui, Nous avons eu treize ans de vie commune. Lorsqu’il est mort, nos fils avaient 10 ans et 12 ans, j’ai dû les élever seule, ils sont été des marins comme leur père le souhaitait. Baptistin et Marie nous ont aidés, ils sont restés très liés à leurs jeunes demi-frères.

Ouvre donc l’armoire à linge, 
regarde le monogramme que j’ai brodé au point de croix sur les serviettes lorsque je confectionnais le trousseau de Marius.
Utilisez-vous encore nos draps ? 
Sa femme, Françoise n’a pas eu le temps de les user, elle était malade et elle est morte. Et en août 1914 la guerre a éclaté, mes deux fils ont été envoyés pour se battre en Allemagne, puis sur le Front d’Orient. Tu imagines mon inquiétude ! Marius a échappé plusieurs fois à la mort. Il nous racontait sa vie de soldat dans les lettres qu’il m’envoyait. Quel bon garçon, si courageux !
J’ai été tellement soulagée lorsqu’il est rentré pour sa convalescence en juillet 1915. Marius s’est fiancé avec Rose et il a ainsi pu surmonter sa tristesse qui ne le quittait pas depuis la mort de Françoise.
Joseph vient de se marier c’était le dernier jour de cette année 1916, je ne souhaite qu’une chose : être encore là pour le mariage de Marius avec Rose.
J’espère que la guerre se terminera bientôt, mais je ne sais pas si je serai encore en vie. 
Pense à moi de temps en temps !
Bien à toi,
Ton aïeule

Marie Augustine Rose Nicolas

2015-06-13

L _ au Levant en Caravane

En Caravane maritime vers les Échelles du Levant


Cartes portulans Méditerranée Source gallica.bnf.fr / Bibliothèques de Marseille


Naviguer au Levant en Caravane voilà la spécialité des marins tropéziens à bord des navires de commerce. 
La Caravane maritime c’est du cabotage lointain de port en port aux Échelles du Levant. Les capitaines se mettent au service de l’Empire Ottoman durant deux ans, la troisième année étant au service du roi. Leurs compétences et leurs bons navires : tartanes, goélettes, polacres, pinques… permettent d’évoluer en Méditerranée au gré des contrats de nolis. Les marchands voyagent à la cueillette selon les opportunités du commerce et les aléas de la traversée.
Au cours du XVIIIe siècle, les Tropéziens organisèrent près de neuf cents caravanes.

Les échelles du Levant : Smyrne, Alexandrie, Istanbul, Salonique, La Canée, Damiette, Larnaca …
Les échelles de Barbarie : Alger, Tunis, Tripoli de Libye



Sur les registres consultés aux Archives de la Marine à Toulon, ce fut une surprise de connaître véritablement les destinations des « naviguants » de Saint-Tropez.
Voici des relevés concernant quelques uns des personnages de mon arbre qui ont navigué en caravane au Levant :
Ignazio Bancala : il s’embarque souvent à destination de l’Italie, pour Alexandrie 1777, « au Levant en carravanne » en 1784, en 1787…
Bruno Simon : part pour La Morée (Péloponèse) en 1785.
Joseph Barthélémy Ricard, fils d'Antoine Ricard (sosa 66) : est parti le 4 mars 1784, il est mort à l’hôpital de Smyrne le 1 août 1785.
Tropez Antoine Ricard, frère du précédent, en caravane 1772, débarqué à Malte en 1773, absent, expédié pour Patras en 1785, embarqué pour Salonique en 1786 , débarqué à Tripoly de Barbarie en 1787 …

Il reste beaucoup de registres à dépouiller qui pourraient révéler de belles histoires de marins qu’il me reste à décrypter. 

Bibliographie :
Daniel Panzac, La caravane maritime. Marins européens et marchands ottomans en Méditerranée (1680-1830) CNRS Ed. 2004
Gilbert Buti, Les Chemins de la mer. Un petit port méditerranéen : Saint-Tropez (XVIIe –XVIIIe siècles) Rennes, PUR, 2010